Témoignages

Emma

12 Mai 2016

J’apprends à investir sur une assurance vie

J’entends souvent que l’assurance vie* est le « placement préféré des français ». Aujourd’hui, alors que j’ai 7 500 € à investir, je me dis que le moment est venu d’en profiter. Seulement voilà, je ne sais pas comment m’y prendre. Quel contrat d’assurance vie choisir ? Pour combien de temps ? Comment le gérer ? J’ai posé ces questions à une amie banquier privé et voici ce qu’elle m’a conseillé.

Je prends date

 Autrement dit, je n’attends pas pour souscrire un contrat d’assurance vie. Pourquoi ? Parce que ce produit se bonifie avec le temps : plus on le garde, plus il offre des avantages. Par exemple, la fiscalité la plus attractive en cas de rachat n’existe qu’après 8 ans de détention du contrat. Avant ce délai, l’avantage fiscal est moindre.

Ainsi, rien de m’empêche d’ouvrir le contrat aujourd’hui avec 7 500 € pour bénéficier de ses avantages et de ne l’abonder que dans 3, 5, 8 ans ou plus, lorsque j’aurai de nouvelles liquidités à placer.

Je me méfie des offres clinquantes sur internet

 Mon premier réflexe a bien sûr été de faire une recherche d’assurance vie sur Google. Je suis tombée sur des dizaines d’offres assorties de conditions en apparence attractives. Mais que valent-elles vraiment ? Dois-je opter pour une assurance vie d’entrée de gamme souscriptible en ligne ? La réponse de mon amie banquier : « Méfie-toi. Ces contrats proposent en vitrine un ticket d’entrée faible et des frais réduits, mais sais-tu vraiment quel est l’univers d’investissement proposé et si tu pourras transférer ton contrat dans une autre banque ? À long terme, tu n’auras que très peu de marge de manœuvre. Mieux vaut donc réfléchir à 2 fois avant de t’engager trop vite ». En clair, un conseil d’expert est indispensable pour ne pas se tromper, en phase de souscription comme en phase d’épargne.

Je privilégie une assurance vie évolutive

Inutile donc de me jeter sur le premier contrat trouvé. Le conseil de mon amie : choisir une assurance vie évolutive. Accessible dès 7 500 €, elle offre des options de gestion de plus en plus haut de gamme au fur et à mesure qu’on abonde le contrat. Si par exemple d’ici 8 ans, je décide de placer un héritage ou un bonus cumulé sur les unités de compte, des supports d’investissement risqués et pas toujours facile à comprendre pour un non initié, je peux soit déléguer la gestion de mon contrat à un spécialiste (c’est la gestion sous mandat), soit bénéficier de conseils d’expert (c’est la gestion conseillée).

« Les contrats d’assurance vie en ligne proposent un ticket d’entrée faible et des frais réduits mais en cours d’épargne, il n’y a pratiquement aucune marge de manœuvre. Mieux vaut opter pour une assurance vie évolutive, avec des options de gestion de plus en plus haut de gamme au fur et à mesure qu’on abonde le contrat »

 Je garde en tête le mécanisme des rachats

Dans tous les cas, l’épargne investie sur une assurance vie n’est pas bloquée. Je peux faire des retraits (appelés « rachats ») à tout moment en cas de besoin. Mais attention : ces retraits ont un coût fiscal d’autant plus important que le contrat est récent. Plus précisément, seule la partie représentant la plus-value (et non le capital) est imposée, selon un barème dégressif lié à la durée de détention du contrat.

capital-initial

 

 

Fiscalité des produits
Rachat avant 4 ans Taux marginal d’imposition (TMI) ou, sur option, prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 35 % + prélèvements sociaux de 15,5 %
Rachat entre 4 ans et 8 ans Taux marginal d’imposition (TMI) ou, sur option, prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 15 % + prélèvements sociaux de 15,5 %
Rachat après 8 ans Taux marginal d’imposition (TMI) ou, sur option, prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5 % + prélèvements sociaux de 15,5 %

 

Ainsi, mieux vaut éviter de placer sur une assurance vie l’argent dont on aura besoin à court terme (travaux, vacances…).

 

À noter : les prélèvements sociaux de 15,5 % restent dus ! Ils sont uniquement prélevés à la source chaque année sur les intérêts générés par le fonds en euros de mon contrat, et dus au moment du rachat sur ceux générés par le support en unités de compte.

 

> Lire aussi : « Bien gérer mon épargne : par où commencer ? », le témoignage d’#Emma, #novice

 

Je rédige la clause bénéficiaire avec soin

Enfin, l’assurance vie est un formidable outil de transmission. Cela veut dire qu’à mon décès, le capital de mon assurance vie ira à la personne de mon choix, qu’elle ait ou non un lien de parenté avec moi : mon copain, ma meilleure amie, ma mère ou mon frère… Transmis hors succession, ce capital bénéficie (c’est-à-dire de réductions sur le montant imposable) et reste soumis à des taux d’imposition inférieurs aux droits de succession (dans la mesure où j’effectue mes versements avant 70 ans). Un exemple : je désigne ma meilleure amie et mon frère comme bénéficiaires à parts égales de mon contrat d’assurance vie. À mon décès, ils se répartissent le capital, soit 300 000 €, tout en bénéficiant chacun de l’abattement de 152 500 € prévu par la loi. Ce montant étant supérieur à la part de chacun (150 000 €), ils n’auront aucun droit à payer (sauf prélèvements sociaux de 15,5 %).

Voilà pourquoi je dois penser à rédiger la clause bénéficiaire de mon contrat avec soin. Elle me permet de désigner la ou les personnes qui percevront le capital à mon décès. À éviter absolument : les formulations vagues du type « ma meilleur amie » ou « mon petit ami », au profit de mentions nominatives, « Pierre X », « July Y », assorties de leur date et lieu de naissance. Là encore, le regard expert de mon banquier est indispensable.

 

*Il convient de prendre connaissance de toutes les conditions d’un contrat d’assurance vie avant de le souscrire

Cet article a été rédigé en partenariat avec les experts Oddo

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