Argent : ces croyances limitantes qui bloquent les femmes

Mesdames, quelles croyances conditionnent votre rapport à l’argent, au travail, à la gestion de patrimoine ? Comment vous en affranchir ? « L’argent est une affaire d’hommes », « Je ne comprends rien à la finance », « Demander une augmentation de salaire, c’est mal vu pour une femme »… D’où viennent ces idées reçues et pourquoi les croit-on vraies ? On détricote pour vous neuf stéréotypes.

 

Biais cognitifs

Nous portons tous un bagage de croyances issues de l’enfance, de l’éducation… qui façonnent la perception de soi-même et du monde. Elles contribuent à l’émergence et à l’enracinement de biais cognitifs qui, consciemment ou non, conditionnent nos décisions et actions au quotidien : choix de vie et de carrière, interactions sociales, attitude face aux défis et aux opportunités…

Le rapport des femmes à l’argent est fortement imprégné de ces biais cognitifs qui limitent leur confiance en elles et brident leurs ambitions. Pire, ces biais sont souvent renforcés par les normes sociales et les pratiques professionnelles. Résultat : « Cela créé un plafond de verre, un plafond imaginaire ou un mur qui empêche [les femmes] d’évoluer », résume Clotilde Dusoulier créatrice du podcast Change ma vie.

Neuf croyances passées au crible 

  1. « L’argent est une affaire d’hommes »

Beaucoup de filles (et de garçons) grandissent avec ce stéréotype, souvent parce que leur père a été le principal contributeur financier de la famille. Le monde du travail renforce cette croyance par la faible représentation des femmes aux postes décisionnaires ou dans les instances dirigeantes de l’entreprise.

Or, cet état de fait ne dit rien de la capacité des femmes à investir ou à gérer un patrimoine, des finances d’entreprise… Par exemple, les femmes seraient plus performantes que les hommes en Bourse. Selon une étude du cabinet Hedge Funds Research, sur une période de douze ans, le retour moyen des fonds gérés par des femmes était de près 60 %, contre une moyenne à 36 %.

Certes, quand une femme entrepreneure se lance, elle demande moins d’argent à son banquier que les hommes et lève moitié moins de fonds. Mais l’approche naturellement plus prudente, plus méthodique des femmes ne serait-elle pas, au moins en partie, à l’origine de leur succès ? Selon le palmarès Women Equity 2020, les entreprises dirigées par les femmes sont 40 % plus rentables que celles menées par les hommes !

Et cette envie de prospérité est visiblement contagieuse : en 2022, les femmes ont représenté 43 % des micro-entrepreneurs et 55 % des créateurs d’entreprise individuelle. « On atteint désormais la parité dans nos accélérateurs », confirme Marie Adeline-Peix, directrice exécutive de Bpifrance, dans un article des Echos Entrepreneurs.

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  1. « Je ne comprends rien à la finance »

Cette croyance « par défaut » s’appuie sur un postulat limitant selon lequel la finance est par nature complexe ou nécessite des compétences techniques poussées. Elle empêche les femmes de souscrire des produits de placement pour épargner, investir en bourse, préparer leur retraite, gérer le patrimoine familial… bref, de prendre leur destin financier en main.

Certes, les solutions de placement sont nombreuses et leur lisibilité n’est pas toujours aisée. D’où un effort de pédagogie indispensable à l’initiative des banques elles-mêmes. De leur côté, les femmes peuvent commencer par prendre du recul et se poser quelques questions essentielles : quelle est ma situation financière du moment ? Quels sont mes besoins, mes objectifs, mes envies ? Quel degré de risque puis-je supporter ? En cas de coup dur, suis-je financièrement à l’abri ?

Pour établir ce bilan patrimonial au plus juste, il est essentiel de se faire accompagner par son banquier privé. Ce dernier vous aidera à y voir plus clair, vous aiguillera vers les bonnes solutions de placement et pourra même mobiliser son réseau d’experts au service de vos objectifs et projets.

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  1. « On se partage les dépenses : je paie les courses, mon conjoint rembourse le prêt immobilier »

Cette division des tâches peut sembler équitable de prime d’abord, d’autant qu’elle reflète souvent le niveau de rémunération de chacun au sein du couple. Mais elle ne tient pas compte de la nature et de l’impact à long terme de ces dépenses.

Rembourser un prêt immobilier, c’est investir dans un actif tangible destiné à se valoriser avec le temps. Payer les courses, c’est répondre aux besoins essentiels du ménage sans se constituer un patrimoine. Autrement dit, votre conjoint ou partenaire s’enrichit, mais pas vous ! Cette situation créé un déséquilibre financier qui se peut se transformer en litige en cas de séparation ou de divorce. Et ce, même si le logement est au nom des deux.

Avant de se répartir les charges, il est important de considérer non seulement la valeur monétaire immédiate des dépenses, mais aussi leur contribution à la situation financière de chacun autant que de celle du couple. En tant que femme, si vous gagnez moins, vous pourriez par exemple prendre en charge un placement financier de long terme sans avoir à débourser une importante somme tous les mois, mais un petit montant qui participe de votre enrichissement. Ou encore, vous occuper du patrimoine immobilier de la famille, en finançant des travaux dans votre résidence secondaire, en vous occupant de la gestion locative de votre maison de vacances, etc.

Se rendre en couple chez un notaire ou un avocat peut contribuer à une division harmonieuse et équilibrée des dépenses au sein du ménage.

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  1. « Mon partenaire gagne plus que moi. C’est lui le garant de ma sécurité financière »

Ce pari est risqué. Que se passera-t-il en cas de coup dur, décès ou divorce notamment ? Serez-vous toujours financièrement à l’abri ? Se poser ces questions est indispensable, car elles poussent chacun au sein du couple à prendre les mesures qui garantiront sa protection financière durable.

Les femmes sont généralement plus vulnérables car elles gagnent moins que les hommes, soit parce que leur salaire est plus bas, soit parce qu’elles travaillent à mi-temps ou que leur carrière est moins linéaire. Elles ont donc tout intérêt à se constituer des revenus complémentaires au plus tôt sans compter sur le seul soutien de leur conjoint, non garanti à vie !

Par ailleurs, s’appuyer uniquement sur le revenu de l’autre crée une inégalité pour laquelle votre conjoint pourra demander compensation en cas de litige.

De nombreuses solutions de placement permettent de se constituer un complément de revenus à long terme : assurance vie, PER, PEA… Demandez conseil à votre banquier privé.

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  1. « En rendez-vous avec notre conseiller financier, il ne s’adresse qu’à mon conjoint ou partenaire »

Ce constat limitant entérine la croyance selon laquelle l’argent est une affaire d’hommes. Or, rien n’empêche les femmes de « prendre le lead » en rendez-vous en posant des questions ou en contribuant à la discussion.

C’est l’occasion, au préalable, de faire le point avec son conjoint ou partenaire sur les dépenses et revenus du ménage, de se renseigner sur les produits financiers, le fonctionnement d’un prêt immobilier ou d’un produit de placement, le mécanisme des taux d’intérêt…

Pas besoin d’en faire trop cependant : n’hésitez pas à manifester votre implication dans les finances du couple en assistant à tous les rendez-vous avec votre conseiller financier et en posant les questions qui vous viennent à l’esprit.

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  1. « En cas de souci, le droit sera de mon côté »

En cas de divorce, la loi cherchera d’abord à rétablir l’équilibre entre les ex-époux, en fonction de l’existence ou non d’un contrat de mariage.

En l’absence d’un tel contrat, les conjoints sont soumis à la communauté réduite aux acquêts, le régime par défaut qui est aussi le plus répandu en France. Dans le cadre de ce régime, tous les biens acquis et revenus perçus durant le mariage sont communs et vous appartiennent donc pour moitié chacun. Mais attention, vous êtes aussi redevable pour moitié des dettes contractées durant l’union pour le financement d’un bien commun.

Par ailleurs, en cas de disparité de revenus entre les époux, deux compensations financières liées au divorce sont prévues : une pension alimentaire au cours de la procédure, puis une prestation compensatoire une fois le divorce prononcé.

Si vous êtes dans le besoin, vous ne serez donc pas totalement démunie mais sachez que le partage et les aides peuvent s’avérer insuffisants à long terme. Notre conseil : anticiper les coups durs en cours de mariage ou d’union afin de pouvoir vous octroyer un coussin de sécurité suffisant le moment venu. 

  1. « À quoi bon retravailler puisque je dépenserai tout mon salaire en nounou ? »

C’est peut-être vrai au départ, mais lorsqu’on se remet à travailler après une longue absence, il faut davantage penser à la progression de carrière qu’au salaire initial. Revenir au travail, c’est avant tout accumuler une expérience qui pourra se traduire par de nouvelles opportunités à l’avenir. C’est aussi développer un réseau social et professionnel sur lequel vous pourrez vous appuyer pour avancer dans votre carrière ou même vous lancer dans l’entrepreneuriat.

Travailler permet également de bâtir sa sécurité financière à long terme en cumulant des droits à la retraite, de l’épargne et d’autres dispositifs de protection sociale.

Si vous êtes en couple, faire part de vos projets à votre partenaire ou conjoint peut faciliter la transition au bénéfice de toute la famille.

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  1. « Une femme qui demande une augmentation de salaire, c’est mal vu »

Beaucoup de femmes n’osent pas négocier une augmentation de salaire parce qu’elles pensent qu’elles ne le méritent pas ou qu’il est attendu d’elles un quelconque sacrifice en échange. Ces freins psychologiques viennent de l’éducation et de représentations masculines dans l’entreprise. Par exemple, 44 % des femmes perçoivent la parentalité comme une entrave à l’évolution de carrière, contre 21 % des hommes.

Toutefois, et même si les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, elles sont désormais mieux soutenues par les entreprises. De nombreux dispositifs contribuent à changer les mentalités en créant un climat positif pour la progression des femmes (programmes de leadership) et leur confiance en soi.

Enfin, femmes et hommes peuvent profiter d’une mine de conseils disponibles sur internet ou s’adjoindre les services d’un coach pour apprendre à négocier un salaire dans les règles de l’art !

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  1. « Mon salaire ne me permet pas d’investir ou d’épargner » 

Investir ou mettre de côté ne nécessite pas de mobiliser d’importantes sommes tous les mois. Un petit montant régulier suffit. Pour cela, vous pouvez choisir les options d’épargne automatique, disponibles pour la plupart des placements : assurance vie, plan d’épargne en actions (PEA), plan d’épargne retraite (PER)… Idéal pour épargner sans effort !

Plus vous commencerez tôt, plus vous profiterez de l’effet de capitalisation de vos placements sur le long terme. Si vous ne savez pas par où démarrer, demandez conseil à votre banquier privé : il saura vous aiguiller vers les placements les plus adaptés à votre budget et à vos objectifs, y compris en termes d’horizon temporel, de disponibilité du capital, d’options de sortie (capital ou rente)… Parlez-en avec lui.

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